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Le Nothomb nouveau

Catégories : Livres

Bonjour ami lecteur!

Comme à chaque rentrée littéraire depuis plusieurs années, tu as pu voir comme moi la télévision et la presse écrite diffuser abondamment le visage toujours très expressif de cette dame en noir:

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Amélie Nothomb nous revient avec son vingtième roman "Tuer le père".

J'entends souvent dire que "la Nothomb", on aime ou on déteste, mais elle ne laisse jamais indifférent. Si on admet cette assertion, alors je fais indubitablement partie de la première catégorie.

J'aime son style et ses histoires depuis son tout premier roman, "Hygiène de l'assassin", qui avait été pour moi une grande gifle littéraire, et qui est resté mon préféré parmi ses livres.

J'ai acheté son dernier né et l'ai avalé en moins de deux heures. Je t'offre donc aujourd'hui mes impressions sur "Tuer le père".

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D'abord l'histoire en quelques mots: Joe Whip (Joe Fouet -> ce nom serait-il un indice?) est un adolescent de quatorze ans mis à la porte par son unique parent connu, sa  mère Cassandra qui préfère vivre avec son nouvel amant plutôt qu'avec son fils. Doué pour les tours, Joe devient le protégé de Norman Terence, un célèbre magicien. Ce dernier lui apprend le métier, l'héberge et le considère bientôt comme son propre fils, sentiment partagé par sa compagne Christina. Mais Joe leur réserve quelques surprises...

De passage sur le plateau de La Grande Librairie sur France 5, Amélie Nothomb confiait à François Busnel qu'avec ce livre, elle avait voulu réaliser le bluff parfait. Sachant cela, je me suis mise au défit de ne pas me faire avoir et de rester bien vigilante... La romancière belge m'a quand même eue. Pourtant le passage clef nous apparaît tellement évident à la fin de la lecture, car il n'est d'aucune utilité au récit dans la direction que le lecteur suit (et Dame Nothomb ne fait jamais dans la description superflue), qu'on se sent tout à la fois surpris, floué, amusé par la virtuosité de l'écrivain dans l'exercice de son "très grand tour de magie".

Le tissage de la trame et le caractère inattendu de la conclusion sont les deux grands atouts de ce livre que je n'ai pourtant que moyennement aimé.

Comme dit précédemment, ce qui m'enthousiasme grandement chez Amélie Nothomb est sa verve cinglante et son vocabulaire riche. En la lisant, je rencontre régulièrement deux ou trois nouveaux mots (dont je suis très friande) et je retiens toujours quelques citations croustillantes. Ça n'est malheureusement pas le cas pour "Tuer le père". Certes l'écrivain cultive l'art de la concision pour qu'on puisse la relire aisément, mais je n'ai pas reconnu cette fois cette patte inimitable, ce verbe incisif et cet humour corrosif qui la caractèrisent habituellement.

Je n'ai pas non plus été réconfortée par l'univers du livre: la magie façon Vegas, le Nevada et le festival de Burning Man, je n'y étais pas. J'imagine que le passage à Black Rock City a pu séduire les lecteurs qui ne connaissaient pas cette manifestation. De mon côté, j'en avais déjà eu un aperçu assez désopilant dans l'épisode suivant de "Malcolm", donc la surprise était un peu éventée...

Et puis il m'est arrivé un truc assez perturbant. A la lecture du portrait de Norman, magicien superstar portant beau la quarantaine, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à lui:

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  Criss Angel

Je n'ai pas su détacher la tête du Mindfreak du personnage de Norman, ce qui était somme toute assez agaçant, bien qu'Amélie Nothomb n'y soit strictement pour rien (j'assume mes associations douteuses).

Pour conclure cet avis sur "Tuer le père", je dirais que le livre n'est pas dénué de qualités, mais que j'ai lu de bien meilleurs crus de la dame au chapeau noir. Quoiqu'il en soit, au vu des dizaines d'autres heures de lecture heureuses offertes par elle, je continuerais à être une lectrice fidèle. En attendant la rentrée 2012, je réécouterais avec délice les magnifiques chansons écrites pour RoBERT, à commencer par "L'appel de la succube" sur lequel je te quitte en te souhaitant une bonne nuit ami lecteur!

Dommage que ça sente le playback...

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