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  • Philippe Jaenada dans ma tête

    Catégories : Livres

    Bonjour ami lecteur!

    T'est-il déjà arrivé d'avoir l'impression de lire une de tes pensées non exprimées dans l'écrit d'un autre? Sûrement. Et une de tes angoisses elle aussi non verbalisée? Peut-être moins.

    C'est ce que j'ai expérimenté hier soir en parcourant "Le chameau sauvage" de Philippe Jaenada, ouvrage fort sympathique prêté par ma soeur Norberte. Je me trouvais déjà quelques points communs avec l'anti-héros Halvard Sanz (ses théories existentielles valent le détour, en particulier celle de l'ascenceur) jusqu'à la lecture de cette page qui me colle à la fois un petit vertige et un gros bourdon...

    " NE REFLECHISSEZ PAS TROP, C'EST DECEVANT

    Pour définitivement m'en convaincre, j'ai pris l'exemple que j'avais sous la main: Caracas. Je l'aimais tant, cette créature, que toujours je pensais à sa mort. Avec effroi. Donc je l'ai regardée, ce matin là - elle était allongée sur la couette rouge sang et faisait la moue, sans doute à cause de ma tête de cadavre -, et je me suis imaginé vingt ans plus tard, avec un autre chat (que je me suis représenté mentalement, pour la commodité de l'expérience: un gros matou noir, c'était le plus simple). Je me vois avec ce chat dans un autre appartement, je suis allongé sur un tapis, je joue avec lui, et soudain, l'image de Caracas me revient en mémoire, Caracas vingt ans plus tôt. Je me souviens de ce temps lointain où je m'étais réveillé un matin avec une gueule de bois de tous les diables, elle était couchée sur le lit et me regardait avec les yeux de Jésus Christ, je l'aimais tellement, ce chat, c'était une partie de moi, et aujourd'hui elle s'est noyée dans le passé, elle n'existe plus, elle est restée dans le temps et je l'ai remplacée par un gros matou noir que j'aime aussi. Je l'ai laissée derrière moi, elle n'est plus là pour partager mon existence, elle ne "sait" pas que le gosse vient d'avoir son bac et que Pollux est partie apprendre à conduire sur le parking du Carrefour de Saint-Ouen, elle ne sait pas que Gourmet vient de sortir une nouvelle terrine de zèbre. Ça lui aurait sans doute fait plaisir, pourtant, que j'aie retrouvé Pollux.

    Je ressentais si bien ce que je ressentirais vingt ans plus tard que je me suis mis à pleurer. Je la regardais, elle était à deux mètres de moi, et je pleurais sa disparition. Toutes les conditions paraissaient réunies pour une bonne expérience: sa présence sur le lit n'avait rien de particulièrement sensationnel, ni de beau ni d'émouvant, et pourtant je savais que je me broierais le coeur à regretter ces instants. C'était une occasion inespérée: je pouvais, pour ainsi dire, remonter le temps. Laisser momentanément le gros matou noir et revenir auprès de Caracas. (...)

    Il fallait que je profite à fond les ballons du plaisir d'être avec elle. Eh bien j'ai eu beau me le dire et me le répéter, me concentrer de toutes mes forces pour me rendre compte de ma chance, apprécier cet instant en profondeur: rien à faire. C'était une réflexion, aussi éloignée d'un sentiment qu'une recette l'est d'un plat. Je restais en surface, dans mon cerveau, incapable de descendre vers le noyau de mes émotions pour diffuser de là le plaisir dans tout mon corps. J'étais content d'avoir Caracas sous les yeux, bien sûr, mais je ne le réalisais pas, je ne m'imprégnais pas de sa présence. La seule émotion que je parvenais à ressentir réellement, c'était de la tristesse en pensant au jour où je serais dans cet autre appartement, sur le tapis avec le gros matou noir, ce jour où elle ne serait plus là, elle."

    Voilà donc ce passage qui m'a un peu serré la gorge et qui me fait dire qu'ici l'auteur parle à travers son personnage, car pour décrire aussi bien ce sentiment, il faut l'avoir éprouvé. Alors évidemment on peut faire de la psychologie de comptoir et interpréter ce type de réflexion comme une peur de la mort (c'est évident), de la séparation, du vieillissement, du changement... Et ceux qui ne comprennent pas cette mélancolie pré-deuil pourraient l'envisager comme un masochisme mêlé d'anthropomorphisme.

    Bien sûr, je ne place pas mes chats au même degré d'attachement que les membres de ma famille ou mes amis, mais il n'empêche que je les aime intensément. En tant que "maîtresse", je me sens le devoir absolu de leur apporter nourriture, confort et affection. Je suis à deux doigts d'acheter un système de vidéo-surveillance quand on les laisse quelques jours tant j'ai peur qu'il leur arrive quelque chose (ce qui ne servirait à rien, soyons sérieux: que ferais-je à des centaines de kilomètres de là?). Mon coeur s'arrête de battre quand le véto me dit que l'un a une respiration forte et l'autre un mini kyste près de la colonne vertébrale, même si le bon docteur m'assure par trois (cent) fois qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Le son délicat de mon chat qui vomit la nuit me réveille instantanément et je me lève de suite pour aller nettoyer dans la joie et l'allégresse (et la gueule dans le cul) et surtout pour vérifier qu'il va bien... Bref, mes chats sont mes bébés et j'assume pleinement ce qui doit être qualifié d'hyper-attachement délirant par ceux qui ne voient pas l'intérêt des animaux de compagnie.

    J'ai donc parfois un de ces accès de mélancolie qui me font choper mes chats à pleins bras en leur faisant jurer silencieusement de vivre jusqu'à au moins vingt ans. Ce qui en général me vaut un regard or ou émeraude (selon la bête câlinée de force) mystérieux que je veux croire d'entente tacite.

    C&M.jpgCar quand ces deux là ne seront plus à mes côtés, la vie continuera, j'aimerai d'autres chats, mais je ne serai plus tout à fait la même.

  • Le calendrier de l'Avent écolo-écono

    Il faut que je te confesse quelque chose ami lecteur: Angélas et moi sommes de grands enfants. En tant que tels, il y a une chose que je ne manque jamais d'acheter pour l'homme début décembre: le calendrier de l'Avent.

    Jusqu'ici, j'optais pour le célèbre calendrier K. qui plaît toujours. Mais l'an passé, Angélas me faisait remarquer que les chocolats étaient de plus en plus petits, ce à quoi je lui répondais que l'évolution du prix du calendrier était inversement proportionnelle à la taille des chocolats.

    Forte de ces observations, je me suis dit que je pouvais en fabriquer un moi-même et mettre ce que je voulais dedans. Ça ne devait pas être très compliqué et cerise sur le gâteau, ce calendrier là serait nettement plus écologique!

    Pour ce faire, j'ai rassemblé mon petit matériel:

    - un grand morceau de carton

    - 9 rouleaux de papier toilette

    - des vieilles cartes de voeux (des prospectus de Noël, ça marche aussi)

    - ciseaux et cutter

    - crayon de bois

    - colle (cyano de préférence)

    - peinture (j'avais des restes de peinture acrylique qui ont très bien rendu, mais la gouache doit fonctionner aussi)

    Puis je me suis mise au boulot:

    1) Dessiner puis découper la forme d'un sapin sur le carton

    2) Peindre le sapin et les rouleaux de papier toilette puis laisser sécher

    3) Couper les rouleaux en trois tronçons égaux, les disposer sur l'arbre puis les coller et laisser sécher

    calendrier avent 1.JPGOn obtient ça

    4) Couper des ronds d'un diamètre légèrement supérieur à celui des rouleaux de papier toilette dans les vieilles cartes de voeux et les numéroter de 1 à 25

    5) Répartir les chocolats dans les "cases"

    calendrier avent 2.JPGMiam

    6) Fermer en collant le rond de carte sur le rouleau. Ajouter de la décoration selon l'envie et les goûts puis accrocher le calendrier: et voilà!

    calendrier avent 3.JPGIl est chouette hein?

    Bon, évidemment, il y a eu un petit faux pas. Dans la série "je suis une quiche", je peignais en cachette les rouleaux pendant qu'Angélas était occupé sur "Assassin's Creed". Et puis il a fait une pause pour venir me voir (il n'entendait plus un son, c'était suspect). Du coup j'ai caché les rouleaux peints en vitesse, il n'en restait plus qu'un tout nu sur le bureau... Qu'il a bien sûr vu.

    Angélas: C'est pour faire quoi ton rouleau de PQ sur le bureau?

    Glorifine: T'occupe, c'est mon casse-croûte. (Non, il n'y a rien de plus brillant qui me soit venu dans l'instant)

    Fatalement, j'ai oublié ce foutu rouleau qui est resté en plan sur le bureau. Ça n'est pas grave, j'ai d'autres projets pour lui grâce à Etsy.

    Du coup, en cours de montage, j'ai dû ruser. Les pièces en chocolat étant trop grosses pour rentrer dans les rouleaux, je leur ai collé des disques numérotés directement sur la face, un petit pâté de blu-tack dans le dos et hop sur le sapin (n° 24 & 23 entre autres, on les voit bien)!

    Après, j'ai manqué de place sur le sapin... Alors j'ai fait des petits paquets cadeaux de chocolats que j'ai également blu-tackés au pied de l'arbre (vise le papier Hello Kitty trop kawaii!).

    Enfin, j'ai rajouté une petite étoile en feutrine au sommet de mon chef d'oeuvre, et le tour était joué. Angélas était content, même un petit peu ému dis donc -> mission accomplie!