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Livres - Page 2

  • La femme parfaite

    Catégories : Livres

    Il y a quelques années, Norberte Loquace, ma soeur chérie, m'offrait le DVD de Florence Foresti et de ses sketches à la Cigale. Elle avait vu le spectacle et le final lui avait grandement fait penser à sa petite soeur...

    En effet ami lecteur, s'il y a une femme avec laquelle j'ai beaucoup joué dans mon enfance, c'est bien Barbie! Alors oui, j'aimais les Chevaliers du Zodiaque et je faisais du judo, mais ça ne m'empêchait pas d'adorer la blondinette de 29 cm de haut (c'est ainsi, je cultive le paradoxe). Ça frisait même le pathologique cette relation, je ne demandais que des Barbies pour Noëls et anniversaires, et cet univers prenait tellement de place dans la maison familiale que mon père m'avait installé deux étagères métalliques sur le pallier précédant le grenier de notre maison.

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    "Tiens bichette (oui mon père m'appelle bichette, et alors?), avec deux comme ça, tu auras de quoi installer Barbie City. Merci de te restreindre à cet espace uniquement, débordement dans la chambre interdit!"

    Dans cet espace de dévotion régnait un grand délire: une des armoires faisait office de manoir pour la Barbie favorite (Barbie Happy Holiday 1989 qui coûte la peau des reins aujourd'hui / Le manoir offrait: lit à baldaquin, baignoire, dressing n'ayant rien à envier à celui de Carrie Bradshaw, jardin d'hiver...), et la deuxième se divisait en lofts pour les autres Barbies. Ah oui, j'avais aussi des Perles, l'alter ego franchouillard de Barbie, mais comme je les trouvais moins à mon goût, elles bossaient comme femme de ménage pour Barbie (je sais, ça s'appelle de la discrimination et c'est laid, mais que veux-tu ami lecteur, les enfants sont parfois cruels). La vie de la petite communauté était rythmée par le shopping, les balades en décapotable rose avec les copines ou en calèche avec Ken, les parties de tennis (oui, j'avais même un terrain de tennis) et les soirées arrosées au Kir Framboise: la représentation de la futilité en somme. Cela dit, quand j'étais d'humeur maussade, il pouvait y avoir un meurtre au Manoir Barbie et Miss Marple venait enquêter.

    Digression: Agatha Christie est elle aussi une femme qui a marqué ma jeunesse. J'ai dû lire mon premier roman d'elle vers les neuf ans, "La maison biscornue", je m'en souviens encore, il était un peu glauque celui-là. D'ailleurs quand je vois quelques secondes d'une adaptation TV de Dame Christie, je peux non seulement l'identifier, mais en plus déterminer s'il s'agit d'un Miss Marple ou d'un Hercule Poirot. Après démonstration l'autre jour, Angélas m'a dit qu'il ne savait pas s'il devait trouver ça impressionnant ou juste flippant...

    Tu te demandes sans doute, ami lecteur, pourquoi je te parle de ça aujourd'hui. C'est en fait suite à la lecture de cet ouvrage:

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    "La femme parfaite: Histoire de Barbie" par Nicoletta Bazzano, Éditions Naïve, 2009

    Nicoletta Bazzano est chercheuse en histoire moderne et contemporaine à l'université de Teramo en Italie. Son livre retrace l'histoire de Barbie, de sa naissance américaine inspirée par une "grande soeur" allemande à ses dernières actualités, en relatant les plus importantes mutations de la mythique poupée blonde.

    C'est un ouvrage très intéressant pour toutes les femmes qui ont aimé Barbie étant enfant mais pas seulement. La petite histoire de Barbie est aussi le reflet, à travers ses évolutions, de la grande histoire; et ça l'auteur le décrypte très bien: la place de la femme dans la société durant les 50 dernières années, la fin de la ségrégation raciale aux États-Unis, les bouleversements économiques... Le livre est très complet.

    Alors qu'ai-je appris de cet ouvrage concrètement?

    Barbie a été inspirée par Lilli, d'abord personnage sexy de bande dessinée du Bild Zeitung, puis poupée tendance fétichiste produite à partir de 1950 (si elles étaient produites aujourd'hui, dans l'esprit, on pourrait les rapprocher des figurines de Manara).

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    La créature papier, la créature plastique, ce que m'inspire cette dernière...

    En fait après ça, j'ai mieux compris pourquoi Angélas avait vu des Barbies SM en vitrine des sex-shops quand il était en formation à Hambourg il y a quelques années...

     

    Les prénoms Barbie et Ken sont les diminutifs de Barbara et Kenneth, les enfants de Ruth Handler, la maman de Barbie, ça laisse perplexe quant au respect de la morale et des bonnes moeurs, non?

     

    J'ai également mieux compris l'épisode des Simpsons dans lequel Lisa désapprouve les phrases prononcées par la nouvelle Malibu Stacy.

    Une Barbie parlante sort sur le marché en 1968 (Barbie Malibu paraît quelques années plus tard) et éructe les six phrases suivantes:

    - Qu'est-ce que je vais mettre pour la fête?

    - J'ai un rendez-vous ce soir.

    - Tu veux aller faire les boutiques?

    - Stacey et moi prenons le thé.

    - Faisons une fête costumée!

    - J'adore être mannequin!

    Édifiant pas vrai?

     

    Si Barbie a cartonné dès ses premiers jours au pays de l'Oncle Sam, elle a eu beaucoup de mal à se faire une place au soleil en Europe. Elle traverse l'Atlantique au début des années 70, mais le Vieux Continent, encore meurtri par la Seconde G.M., voit d'un très mauvais oeil cette "vestale du consumérisme" qui coûte cher à l'époque et à laquelle il faut toujours acheter plus de vêtements et d'accessoires. La greffe ne prendra qu'à la fin de la décennie, une fois que Mattel produira une poupée meilleur marché.

     

    Barbie souffre de monomanie chromatique. Elle voit la vie en rose, couleur féminine par excellence, elle mène une vie insouciante. Son existence est parfaite et chaque petite fille peut adapter l'univers de la poupée selon ses propres idéaux. En fait Barbie, c'est "Second Life" avant l'heure.

     

    Barbie est le stéréotype de l'éternel féminin: elle est grande, mince, a de longues jambes fuselées et une forte poitrine, un joli teint de pêche, de beaux cheveux blonds et des yeux couleur lagon. Ce qui n'est qu'un jouet a pourtant contaminé l'idéal de beauté de plusieurs générations de petites filles blanches. Il n'y a qu'à voir le nombre de femmes qui se teignent les cheveux en blond platine (avec de belles racines noires, c'est tellement élégant), font des U.V. à outrance, pratiquent des régimes dangereux pour absolument garder une taille 36, se font poser des nichons en silicone...

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     Cindy Jackson, 30 opérations de chirurgie esthétique pour ressembler à (Amanda Lear?) Barbie

    Pourtant les grandes séductrices dont l'histoire a retenu le nom n'étaient pas précisemment des beautés de type scandinave: Cléopâtre, Sarah Bernhardt, Catherine II de Russie ou encore Colette faisaient des ravages avec un physique atypique, une intelligence très vive et une forte personnalité.

    Pour en revenir au livre de Nicoletta Bazzano, il comporte encore beaucoup d'autres choses intéressantes que je te laisse découvrir par toi-même si tu le souhaites ami lecteur.

    Personnellement, je suis en accord avec la plupart des analyses de l'auteur, mais je ne condamne pas aussi fermement qu'elle la poupée, qui entamerait selon elle la fin de son règne. Il est vrai que la créature de base est un peu évaporée mais je crois au potentiel de la petite fille (ou du petit garçon d'ailleurs, chacun fait ce qui lui plait) à dépasser l'image "glacée" et à faire de Barbie une amie qui lui corresponde.

    D'ailleurs je n'ai personnellement jamais eu envie de ressembler à ma mini copine blonde. Ma femme idéale était, et est toujours, certes belle, mais brune aux yeux marrons, intelligente, sarcastique, intrépide, douée pour la chimie comme pour les arts martiaux, elle conduit un bolide (une Lotus Elan), aime le Champagne et est toujours très bien habillée (souvent par Courrèges). Si avec ça tu n'as toujours pas trouvé...

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    La sublime Diana Rigg alias Emma Peel

    Enfin, après lecture du livre, je me demande s'il serait judicieux d'offrir des Barbies à mes éventuelles futures filles. Je pense toujours que oui, le tout étant de leur laisser le choix de leurs préférences, qu'elles aillent vers des Barbies, des Playmobils ou des voitures Majorette (Oups, j'ai cité plein de marques: tant pis). Il faut dire aussi qu'il y a une grosse malle qui les attend chez mes parents, ces derniers me rappelant régulièrement son existence, qui leur constituera un joli patrimoine de départ. Qui plus est, avant de rédiger cet article, je me suis un peu mise à la page sur l'univers de la blonde, et j'ai beau avoir 30 ans, il y a quand même quelques spécimens qui m'ont tapé dans l'oeil...

     

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    Barbie en Scarlett O'Hara dans ma robe préférée, celle qu'elle se taille dans ses rideaux pour aller dragouiller Rhett Butler dans l'espoir de lui taxer de la thune, même que ça ne marche pas. J'adore ce film.

     

    Pour finir, n'oublions pas que Barbie a donné naissance à une profusion de produits dérivés, dont un mirifique jeu vidéo que le Joueur du Grenier a commenté dernièrement. Je te laisse savourer cette petite vidéo ami lecteur et te dis à à bientôt!


  • La simplicité volontaire

    Catégories : Livres

    Ami lecteur, il ne t'aura sûrement pas échappé que mon blog, en dépit de sa présentation rose flashouille, tirait parfois vers le vert chlorophylle... En effet, l'écologie est un de mes grands centres d'intérêt (avec l'Inspecteur Barnaby, ma collection de nains de jardin et les napperons au crochet -> une seule des trois propositions est valide, sauras-tu la trouver?).

    Par conséquent, en bonne élève que je suis, je lis des livres sur le sujet (parce que si j'attends après Jean-Pierre Pernaut pour tout m'expliquer, je vais mourir idiote). Le livre du jour est donc "Vivre simplement pour vivre mieux" de Philippe Lahille, publié aux éditions Dangles (= maison spécialiste du développement personnel, de la psychologie à l'aromathérapie en passant par la cartomancie, si si).

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    Un petit livre de 120 pages, coûtant la modique somme de 9,50€, qui se lit facilement d'une traite, et imprimé sur du papier PEFC (un minimum pour ce type d'ouvrage).

    Dans ce "guide", il est question de délaisser peu à peu les valeurs de la société de consommation actuelle pour revenir à l'essentiel, à avoir une vie plus simple et par conséquent plus saine. L'auteur aborde de nombreux sujets: la consommation évidement, mais aussi les relations humaines, le travail, les loisirs et même les obséques! (A ce propos, France 5 a diffusé il y a peu un très bon documentaire "Le business de la mort", regardable ici). Bon je ne te cache pas que pour aborder autant de thèmes en si peu de pages, le traitement reste assez superficiel; ce qui n'est pas pour moi un défaut puisque l'objectif du livre est à mon avis d'amener le lecteur vers une réflexion alternative, que ce dernier approfondira par la suite... ou pas. Car on sait bien que les mots "altermondialisme" et "décroissance" font peur à beaucoup. Je te rassure ami lecteur, Philippe Lahille n'est nullement un intégriste de l'écologie, il donne des pistes, il n'ordonne pas la souscription à ses idées.

    Personnellement, je mettais déjà en pratique un certain nombre des conseils prodigués, tels que le "STOP PUB" sur notre boîte aux lettres, les courses dans les commerces de proximité et magasins bio, la fabrication maison de nos cosmétiques (exemple à la note précédente) et produits ménagers (merci à ma bonne amie Laure de m'avoir fait découvrir Raffa), le filtrage de l'eau du robinet...

    Je retiens des conseils que je mettrais volontiers en pratique:

    - Le partage des biens culturels, soit la création d'un réseau avec vos voisins et amis dans le but de mutualiser vos DVD, CD, livres... Ce qui éviterait d'avoir chacun le DVD de Titanic pour le regarder au grand maximum une fois par an (faut déjà avoir 3H15 à perdre). Bien sûr, cette pratique requiert de ne pas être trop matérialiste et/ou d'avoir confiance dans les membres du réseau...

    - Dans le même esprit, le partage de services. Exemple: je me débrouille pas trop mal en cuisine mais je suis une quiche en plantage de PC alors que toi tu gères dans ce domaine, mais tu paniques grave parce que tu reçois ta belle-famille dimanche et que ta grande spécialité est le jambon-purée -> entraidons-nous mon frère/ma soeur! Même si on ne se connaît absolument pas, les S.E.L. démontrent que ça marche aussi! En plus, c'est l'occasion de rencontrer de nouvelles personnes qui deviendront peut-être des amis: tel Georges, j'ai envie de te demander "What else?"

    - Plus ludique, mais c'est une très jolie idée, l'écriture d'un texte à plusieurs. Avant une soirée ou un événement particulier, chaque participant écrit un paragraphe d'une histoire en laissant deux possibilités de continuation pour le rédacteur suivant... Le texte complet sera lu lors du rassemblement, chacun retrouvera sa participation et découvrira avec plaisir celle des autres, en essayant de deviner qui a écrit quoi!

    Je m'arrête là, si tu veux en savoir plus, tu peux acheter le livre... ou l'emprunter!

    Par contre, il y a des conseils que je suis sûre de ne pas suivre, du type "essayez le naturisme". Mais ça n'engage que moi, je ne juge pas pour autant les adeptes du cul nu.

    Parallèlement, il y a aussi des conseils qui m'ont rappelé de bons souvenirs. Je connais en effet quelques chantres avant l'heure de la sobriété heureuse (© Pierre Rabhi)!

    Au passage "Envie furieuse d'acheter?" où l'auteur suggère d'attendre 7 jours avant de succomber à un achat coup de coeur, j'ai pensé à Monsieur F.

    Monsieur F. était mon professeur d'anglais renforcé en 1ère, j'adorais ses cours et je l'appréciais aussi en tant que personne. Avec le recul, je me dis même que parmi tous les bons profs que j'ai eu (et j'en ai eu de très bons!), il est mon préféré. J'aimais quand il nous parlait de Barbara, de Karen Blixen, de la vision par la fenêtre du bal des feuilles mortes qui le déconcentrait pendant un oral, quand il faisait un arrêt sur image sur mon cahier de cours customisé... Et enfin quand il nous expliquait que face à un objet de convoitise, il résistait en passant tous les jours devant la vitrine, et que lorsque l'objet ardemment désiré avait disparu, il s'estimait content de lui. Ça m'avait paru un peu étrange à l'époque, mais c'est beaucoup plus clair aujourd'hui!

    Au passage "Des vacances zen", Philippe Lahille propose des vacances à quelques centaines de kilomètres seulement de chez nous, dans un endroit calme, sans télé, téléphone/ordinateur portable, bref se couper un peu de l'agitation du monde pour se reposer vraiment.

    Et là, comment ne pas penser à mes parents? En dehors des séjours armoricains chez ma grand-mère, ils ont toujours opté pour ce type de vacances, dans des lieux parfois vraiment très reculés... Tu veux des noms? D'accord: Ste Enimie dans les Gorges du Tarn, Riquewihr en Alsace ou encore un lieu-dit près de Digoin en Bourgogne... Je n'arrive pas à me souvenir du nom, mais c'était incontestablement le plus paumé de tous! D'ailleurs en faisant mon jogging un soir (si je te jure, j'ai été sportive un jour), je me suis faite courser par deux gros chiens de ferme -> je n'ai jamais couru aussi vite dis donc!

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    Mon père, qui fumait sa clope tranquille au balcon, m'a vu revenir toute ébouriffée, haletante, pleine de boue et d'écorchures (j'avais dû couper par un petit bois de ronces...). Il est passé par la surprise, l'inquiétude et finalement l'hilarité en constatant que sa progéniture avait eu plus de peur que de mal!

    Je te raconte ça pour te dire que, quand notre fratrie arrivait sur les lieux de vacances élus par nos parents, on tirait un peu la tronche le premier jour en se demandant ce qu'on allait bien pouvoir faire de tout ce temps libre... Et puis on oubliait la télé et le game boy (enfant des années 80!) et on profitait pleinement à travers des promenades, des jeux (qui dégénéraient parfois en bagarres), des lectures, des rêveries et des roupillons bien sûr! 

    Je suis reconnaissante envers mes parents de nous avoir offert ces moments et j'espère pouvoir faire de même avec mes enfants (il faut d'abord les concevoir), les laisser parfois s'ennuyer pour faire marcher leur imagination et cultiver leur ouverture d'esprit.

    C'est tout pour aujourd'hui ami lecteur, la prochaine fois, je crois que je vais te parler cinéma tout en restant en phase avec la notion d'altermondialisme... suspense! En attendant, je te souhaite une bonne soirée ou plutôt une bonne nuit après lecture de mon horloge.