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Livres - Page 5

  • "Blanche ou la triple contrainte de l'Enfer" d'Hervé Jubert

    Je sais ami lecteur, c'est terrible, mais on savait que ça allait arriver un jour: le challenge Halloween se termine. 

    Mais avant de remballer nos maléfices, il nous reste encore cette étape franchouillarde!

    J'ai fini mes lectures d'Halloween avec "Blanche ou la triple contrainte de l'Enfer" d'Hervé Jubert.

    Résumé:

    Paris, 1870. L'armée prussienne encercle la ville. Les Parisiens sont prisonniers et l'hiver s'annonce terrible. Blanche, 17 ans, est prise au piège comme les autres. Heureusement, son oncle Gaston, commissaire à la Sûreté, est là pour la protéger. Mais une enquête difficile le préoccupe... Un cadavre est retrouvé dans les jardins du Palais-Royal, un tatouage occulte sur le bras gauche. Blanche, passionnée par les méthodes d'investigation, se met en tête d'aider Gaston, et sa route croise bientôt celle d'un deuxième mort, tatoué lui aussi. Dans une ville guettée par la famine, la jeune fille plonge au coeur d'une terrible vengeance, aux frontières de la magie noire.

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    J'ai été très agréablement surprise par "Blanche ou la triple contrainte de l'Enfer". J'avais lu que c'était un bon roman jeunesse, et je me suis retrouvée scotchée à un très bon roman d'enquête tout court.

    Première surprise: le style. Hervé Jubert possède une fort jolie plume, il a su à la fois adapter son style à celui des écrivains contemporains de l'époque de son roman (la fin du XIXe siècle), tout en gardant un verbe vivant et empreint d'humour.

    Deuxième surprise: la recherche documentaire exemplaire menée par l'auteur. J'ai particulièrement aimé cet aspect, d'autant que j'ai un faible pour cette période historique. Du siège de Paris par les Prussiens au fonctionnement de la police, en passant par la culture de l'époque: tout est vraisemblable et très détaillé. En bonus, Sarah Bernhardt joue un rôle non négligeable dans le roman. Cette femme me fascine et j'avais déjà été ravie de la trouver dans "Oscar Wilde et le cadavre souriant" de Gyles Brandreth.

    L'enquête en elle-même ne manque pas non plus d'originalité, on suit les avancées parallèles de Blanche et de son oncle, reconstituant ainsi les pièces du puzzle plus vite que les protagonistes, sans pour autant arriver à la bonne conclusion avant eux.

    Si vraiment je devais reprocher quelque chose à ce livre, je dirais que j'ai eu du mal à apprécier les descriptions de la gastronomie en temps de siège. A savoir comment accommoder chiens, chats, rats, avant de s'attaquer aux animaux du zoo. L'anecdote a beau être véridique (tu peux aller voir , c'est immonde), elle n'en donne pas moins le haut-le-coeur à la végétarienne que je suis.

    En conclusion, Blanche Paichain est un croisement réussi entre Sherlock Holmes et Indiana Jones, version parisienne en bottines, et je lirais avec plaisir les deux tomes suivants.

    Pour en savoir plus, Blanche a un site dédié, c'est par ici!

  • Challenge Halloween: "L'heure du loup" de Robert McCammon

    Résumé:

    Michael Gallatin est un as de l'espionnage, un séducteur, mais surtout un loup-garou. Capable de se transformer à la vitesse de l'éclair, de tuer silencieusement et avec une incroyable férocité, il a déjà donné un aperçu de ses talents en Afrique contre Rommel. Il doit maintenant s'acquitter de la plus dangereuse et de la plus délicate des missions : découvrir qui se cache derrière l'opération « Poing d Acier », le mieux gardé des plans secrets nazis. En renouvelant la figure du loup-garou, Robert McCammon crée un héros fascinant dans une intrigue captivante.

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    Les nazis qui rencontrent le surnaturel, on a déjà vu ça, notamment dans Hellboy, ou plus récemment dans Iron Sky (rappelle-moi de t'en parler de celui-là, il vaut son pesant de cacahuètes!). Dans "L'heure du loup", les nazis ont maille à partir avec un loup-garou-agent-secret. Je sais, ça fait beaucoup pour un seul homme.

    Mais Michael Gallatin est un James Bond un peu cabot (pardon...) et sait se sortir de n'importe quelle situation, aussi indépétrable soit-elle. De plus, comme le James Bond précité, Michael tombe toutes les jolies demoiselles qu'il rencontre. Bref, il est une incarnation du héros flamboyant qui va sauver le monde.

    Pourtant, le pauvre n'a pas eu la vie facile. Encore enfant, et à l'époque connu sous le nom de Mikhaïl Gallatinov, il a vu sa famille se faire massacrer par des révolutionnaires russes, avant d'être attaqué en forêt par une meute de loups affamés. Il passera les quatorze années suivantes dans l'épaisse forêt russe à mener sa vie d'homme-loup, avant de débarquer en Angleterre et de se faire enrôler pour servir sa Majesté.

    Tu penses certainement à ce stade, ami lecteur, que ce livre s'aventure un peu dans tous les sens. Détrompe-toi, Robert McCammon a su avec brio retracer l'existence de Michael, en alternant la narration de son passé et de sa mission présente, le premier éclairant la seconde.

    Car la grande question de ce roman est de savoir qui, des hommes ou des bêtes, sont les véritables animaux. L'auteur argue plusieurs fois au cours du roman que le loup tue uniquement pour se nourrir, donc par nécessité, mais jamais par cruauté; contrairement à l'homme en général et aux nazis en particulier.

    D'ailleurs, le récit de la mission pour faire échouer les plans desdits nazis est passionnant, bien qu'il comporte certains passages qui donneraient presque la nausée, je pense en particulier au camp de concentration avec son "Chenil" et la mort de Krolle.

    En conclusion, "L'heure du loup" est un roman fantastique au contexte historique dont on dévore les sept cents pages très facilement, je le recommande aux amateurs du genre!

  • Challenge Halloween: Le vaudou haïtien

    "Zombi blues" de Stanley Péan

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    Résumé:

    Gabriel est musicien. Tous les soirs, les sons envoûtants de sa trompette percent l'atmosphère enfumée des boîtes de jazz. Les hasards d'une tournée le ramènent dans sa ville où il retrouve Laura. Un amour caché. Une passion inavouable. Brusquement, Gabriel est en proie à des visions étranges. Des obsessions effrayantes et sanglantes. Des images de mort et des mots murmurés dans une langue inconnue surgissent du plus profond de lui-même et le déchirent. Angoissé, il ne comprend pas, ne se reconnaît plus. Bizarrement, ailleurs dans la ville, quelqu'un d'autre souffre d'un mal semblable... Malgré lui, Gabriel est entraîné dans un gouffre d'horreur, tout son être envahi par une musique de cauchemar, une musique lancinante comme la mort.

    Je suis tombée sur "Zombi Blues" un peu par hasard à la bibliothèque. Attirée par la couverture ci-dessus et le titre, je me suis dit que ça rentrerait bien dans ma case "Challenge Halloween en Afrique & Amérique Latine".

    Après lecture, le roman ne correspond pas du tout à l'idée que je m'en étais faite. Ce qui ne l'empêche pas d'être très intéressant.

    Le récit, qui comprend plusieurs voix de narration, commence quand Minville, un ancien tonton macoute, émigre à Montréal avec deux acolytes; une arrivée d'ailleurs très relayée par les médias et qui soulève la colère des réfugiés politiques victimes du régime de Duvalier. Elle effraie aussi certaines personnes qui ont bien connu Minville à l'époque: pourquoi ce cauchemar vivant réapparait-il dans leur vie aujourd'hui?

    Ce roman est hybride, il mélange science fiction, thriller, vaudou et histoire politique d'Haïti avec talent. Si on ne retrouve pas les zombies annoncés dans le titre, on n'en aura pour autant pas moins froid dans le dos. La tension est croissante au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue et on est surpris d'être confronté à une telle sauvagerie. On imagine certes bien que les personnages des tontons macoutes ne sont pas des enfants de choeur, mais leur mépris pour la vie d'autrui nous laisse quand même bouche bée d'horreur. 

    Stanley Péan a su mettre son canevas en valeur dans une atmosphère de musique jazz passionnée et de cafés-concerts enfumés, où la violence et la sensualité s'entrelacent (il y a quelques passages abondamment explicites), le tout combiné en un roman captivant.