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fantastique - Page 5

  • Challenge Halloween de Lou & Hilde: Le cimetière / Cinéma

    Catégories : Films

    SIMETIERRE

    Film américain de Mary Lambert sorti en 1990.

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    Synopsis (Allociné):

    La famille Creed quitte Chicago et vient s'installer dans les environs de Ludlow, une paisible bourgade du Maine. Leur maison jouxte un cimetière d'animaux familiers situé sur les anciennes terres sacrées des indiens Micmacs. Le seul voisin des Creed est un vieil érmite. Une série d'accidents sanglants va rapidement transformer la vie des Creed en véritable cauchemar.

    Le trailer en prime!

    Mon avis:

    Ce film aurait pu s'appeler "Tu pourras pas dire qu'on t'avait pas prévenu".

    Le mec s'installe dans une maison à la campagne située entre une route sur laquelle passent des camions à toute blinde toute la journée, et un chemin menant à un cimetière pour animaux. Pour enfoncer le clou, le vieux chelou d'en face lui dit de faire gaffe à la route qui a tué plein de chiens et de chats. Le lendemain, pour son premier jour de boulot, le mec qui est donc médecin, fait un constat de décès sur un jeune renversé par un camion. Le fantôme du jeune lui apparaît et lui dit de surtout, mais alors surtout ne pas franchir la bute derrière le cimetière. Ça commence à faire pas mal...

    Arrive ce qui doit arriver, le chat de la maison trépasse (alors qu'à sa place rien qu'en voyant la route, je n'aurais pas laissé mes poilus mettre ne serait-ce qu'un coussinet dehors). Le mec part donc enterrer le chat avec le vieux chelou d'en face mais comme il n'y a plus de place dans le petit cimetière bricolé, le vieux l'emmène au cimetière indien situé derrière LA bute (alors qu'ils ont des hectares de terrain autour de leur baraque et que la gamine aimerait peut-être aller sur la tombe de son chat, enfin moi je dis ça...). Le chat revient en mode zombie le lendemain...

    Je m'arrête là pour ne pas éventer le scénario mais tout le reste du film est construit sur ce même schéma plus que prévisible entre les alertes du fantôme, les rêves prémonitoires de la gamine, les anecdotes glauques du vieux chelou... Ajoute à ça une mère complétement cruche et une histoire secondaire de soeur malade qui ne sert à rien, j'ai envie de te dire que le film Simetierre, c'est un peu du grand n'importe quoi.

    Il paraît que le livre est bien meilleur, je ne l'ai pas lu donc je ne peux pas te donner mon avis, mais j'en suis convaincue car j'aime beaucoup l'oeuvre de King. Je pense que le propos de l'auteur doit être plus subtil et qu'avec cette idée qu'il y a des états pires que la mort, il voulait probablement impliquer que l'homme doit parvenir à faire son deuil, à accepter l'inacceptable. Enfin je suppose, si tu l'as lu, dis-moi ce que tu en penses (désolée mais après avoir subi le film, je n'ai pas une folle envie de me farcir le bouquin).

    Même la B.O., pourtant signée par les Ramones, est mauvaise! Enfin il y a quand même deux trucs sympas dans ce film: l'apparition de Stephen King dans le rôle du pasteur et le choix de Fred Gwynne pour jouer le vieux chelou, acteur connu pour son rôle d'Herman Munster (sosie de Frankenstein) dans la série "Les Monstres". Au passage, à chaque fois qu'il a une clope au bec, je trouve une ressemblance troublante avec un autre personnage...

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    Vieux chelou versus L'homme à la cigarette, y a un air ou c'est moi qui délire?

    Mais ça fait léger pour sauver le film de l'enterrement. Je te conseille donc d'éviter Simetierre pour lui préférer par exemple Shining ou Carrie.

     

  • "Boneshaker" de Cherie Priest

    Catégories : Livres

    Challenge Halloween de Lou & Hilde: Les zombies

    Deuxième lecture de ce challenge: "Boneshaker", un roman de science-fiction signé Cherie Priest.

    Prix Locus du roman de science-fiction 2010

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    J'adore cette couverture

    L'histoire:

    Nous sommes en 1880. La Guerre Civile Américaine fait rage depuis deux décennies, poussant les avancées technologiques dans d'étranges et terribles directions. Des dirigeables de combat sillonnent le ciel et des véhicules blindés rampent dans les tranchées. Les scientifiques détournent les lois de la nature et échangent leurs âmes contre des armes surnaturelles alimentées par le feu, la vapeur et le sang. Bienvenue dans le Siècle Mécanique. Un siècle sombre et terrifiant.

    C’est dans ce monde que vivent Briar Wilkes et son fils. Elle est la veuve de l’infâme Dr. Blue, créateur du Boneshaker, la machine qui détruisit Seattle, perçant accidentellement une poche de gaz qui transforma les vivants en non-morts. Mais quand son fils décide de franchir le mur qui cerne Seattle en ruine dans l'espoir de réécrire l'histoire, elle doit le retrouver au plus vite avant qu’il ne lui arrive malheur. Sa quête la conduira dans une ville grouillant de morts-vivants affamés, de pirates de l'air, de seigneurs criminels et de réfugiés armés jusqu'aux dents. Seule Briar peut le ramener vivant.

    Mon avis:

    J'ai un avis mitigé sur Boneshaker.

    D'un côté je salue l'idée du contexte historique recuisiné à la sauce steampunk: machines infernales, prothèses mécaniques et autres ballons dirigeables sont présentés avec force détails sur fond de guerre de Sécession. La ville zombie est elle aussi très bien amenée, son existence paraît presque rationnelle. Elle est oppressante à souhait avec ses "âmes" en chasse perpétuelle et son opaque fumée jaunâtre...

    D'un autre côté: qu'est-ce que c'est lent! L'histoire aurait gagné à avoir un tempo plus rapide, j'ai parfois éprouvé du mal à lire plus de deux chapitres d'affilée, un sentiment qu'on peut légitimement ressentir à la lecture d'un essai ou d'un recueil de poésie... Mais pitié pas à la lecture d'un roman de science-fiction! Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages, même si on peut parfois se mettre dans leurs bottes (on comprend tout à fait la volonté inaltérable de Briar de sauver son rejeton par exemple), on ne se sent jamais vraiment avec eux, jamais vraiment investi dans l'histoire.

    En conclusion, Boneshaker est pour moi un roman en demie teinte, avec une trame de fond très aboutie mais qui péche par lenteur de son action et le manque d'adhésion que suscitent ses personnages.

  • "Fantômes romantiques", trois nouvelles allemandes

    Challenge Halloween de Lou & Hilde: La maison hantée

    Ma première lecture du challenge est un recueil de trois nouvelles d'écrivains allemands intitulé "Fantômes romantiques".

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    Ces trois nouvelles sont:

    - "La mendiante de Locarno" d'Heinrich von Kleist

    Un aristocrate piémontais est hanté par le fantôme d'une vieille femme autrefois victime de sa dureté de coeur.

    - "La maison déserte" d'E.T.A. Hoffmann

    Un jeune homme s'éprend d'une mystérieuse jeune femme apparue à la fenêtre d'une maison apparemment déserte.

    - "Sortilège en automne" de Joseph von Eichendorff

    Le Chevalier Ubaldo se perd dans les bois et fait la rencontre d'un ermite qui dit se terrer dans la forêt pour expier un grave péché. Le Chevalier se prend de sympathie pour l'ermite et parvient un jour à le faire venir en son château et à lui faire raconter l'histoire de sa vie.

    Les trois auteurs rassemblés dans cet ouvrage font partie des grandes figures du romantisme allemand. Ce mouvement littéraire est pour moi un mélange de contemplation et de mysticisme. En effet, parmi les thèmes régulièrement mis à l'honneur figurent la nature, la nostalgie, le psychique, le surnaturel...

    Les trois nouvelles du recueil traitent de ce dernier domaine puisqu'il est question de femmes fantômes hantant des hommes, mais chacune à leur manière.

    Chez Kleist, l'homme est rattrapé par une faute passée et on ne sait pas si le spectre est un esprit vengeur ou plus simplement l'ombre de sa culpabilité. La nouvelle est très brève (6 pages) mais est efficace dans sa construction narrative, renforcée par une écriture rythmée, presque syncopée. Kleist nous emmène dans une spirale infernale, on sait d'emblée que cette histoire connaîtra une fin tragique. Ce sentiment de lire la chronique d'une catastrophe annoncée met en lumière la grande modernité de Kleist. C'est ma nouvelle préférée parmi les trois.

    Chez Hoffmann, l'homme est obsédé par une femme dont il imagine beaucoup à partir de très peu, il se laisse noyer dans cette passion amoureuse à la fois dangereuse et merveilleuse. Le poids du fantasme et une obscure histoire de moeurs sont les clefs de cette énigme. J'ai certes trouvé le propos très intéressant, mais la narration trop longue et le style trop recherché, presque précieux. Comme tu t'en doutes, c'est la nouvelle que j'aime le moins. Cependant, je ne connais pas l'oeuvre d'Hoffman (oui, en treize ans d'apprentissage de l'allemand, j'ai réussi à y échapper!) et il me parait délicat de la juger uniquement à partir de cette nouvelle. Ça reviendrait un peu à juger Maupassant uniquement sur "Le Horla" (que j'aime pourtant beaucoup).

    Chez Eichendorff enfin, l'homme est victime des charmes trompeurs d'une sorcière fantôme (le titre de la nouvelle est révélateur) qui le condamne à vivre dans les bois. Cette histoire m'a fait penser dans une certaine mesure à la légende du Val sans retour où la Fée Morgane enfermait ses amants infidèles. Pour moi l'intérêt de cette nouvelle réside dans la dualité qu'offre le personnage de l'ermite, qui est hanté par une passion morbide et par les remords, et celui d'Ubaldo qui semble incarner l'homme juste et bon. Il y a comme un jeu de miroirs entre ces deux "frères" dont on peut se demander s'ils ne sont pas les deux facettes d'un seul homme, entre vie rêvée et vie réelle.


    La conclusion de tout ceci:

    Le recueil est intéressant dans la mesure où il nous montre trois visages du romantisme allemand, très différents, partant pourtant d'une base commune.

    En ce qui concerne la subtilité du langage, pour être honnête sans la jouer snob, je pense qu'il faut être germanophone pour l'apprécier. Le style romantique faisant dans le (micro) détail, les textes regorgent de subordonnées et d'adjectifs, ce que je trouve assez lourd mais qui passe étonnament mieux dans la langue de Goëthe (et si toi aussi tu as fait LV "Chleu", tu sais bien que les teutons sont les champions de la phrase à rallonge!).

    L'ouvrage se lit vite, bien que j'ai du appréhender la nouvelle d'Hoffmann en diagonale sans quoi je piquais sérieusement du nez (sacrilège: je sais, j'expie), et la dimension psychologique de chaque nouvelle est ce qui fait le sel de cet ouvrage; l'aspect fantastique quant à lui n'effraiera pas intensément le lecteur du XXIe siècle...