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Glorifine Loquace - Page 5

  • The Crimson petal and the white

    Catégories : Samedi série

    Attention ami lecteur: coup de cœur télévisuel en approche!

    Tu sais sans doute maintenant comme j'aime les period dramas anglais. Afin de nourrir cette addiction, je me suis constituée une petite Pile A Voir à la tête de laquelle revenait très régulièrement "The Crimson Petal and the white". J'ai cédé à l'achaïte aiguë qui m'habitait et crois-moi ami lecteur, je ne le regrette pas!

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    De quoi s'agit-il donc?

    "The Crimson Petal and the white" est un period drama produit par la BBC en 2011, d'après un roman de Michel Faber (qui a d'ailleurs intégré ma PAL depuis). Si comme moi tu te poses la question, le titre de l'oeuvre est inspiré d'un poème de Tennyson "Now sleeps the crimson petal" que tu peux retrouver .

    L'histoire en quelques mots:

    Sugar, une prostituée de 19 ans qui officie dans le bordel de Mrs Castaway, aspire à une vie meilleure. Son ascension à travers les strates de la société du Londres des années 1870 présente une foule de personnages. Au cœur de l'histoire, cependant, se trouve la lutte d'une jeune femme qui veut s'élever physiquement et spirituellement.

    Un petit trailer?

     

     

    Ce que j'en ai pensé:

    Bon là, point de gros suspense puisque je t'ai déjà dit que j'avais aimé. Beaucoup. A tel point que j'y pensais encore quelques jours après avoir fini de visionner les quatre épisodes.

    Mais qu'est-ce qui m'a plu précisément?

    L'histoire en premier lieu qui présente une galerie de personnages très riche et des relations complexes, tellement bien mises en scène qu'on pense s'être fait une idée d'un personnage, pour changer d'avis... Et finalement se rendre compte qu'on s'était totalement fourvoyé, le cas le plus spectaculaire étant le personnage de William dont on ne perçoit le vrai visage qu'à la fin du drama.

    La seule qui échappe à cet effet de reflet déformé est Sugar, l'héroïne de la série. Sugar est jeune, belle et intelligente. Son seul défaut? Etre née dans la fange. Sugar est une femme en colère car contrainte dès un très jeune âge à la prostitution. Elle méprise ses clients et tient "un livre de la haine" dans lequel elle se plait à leur infliger toutes sortes de sévices corporels pour les punir de lui avoir volé son innocence.

    Mais Sugar a beau se poser en femme dure et déterminée, on se rend rapidement compte qu'elle est surtout incroyablement humaine. Cette jeune femme qui a mené une vie sordide est capable de prendre en pitié, et même en affection, des femmes pourtant mieux loties qu'elle. Cette capacité à comprendre que nous n'avons pas tous la même résistance face aux épreuves de la vie et à compatir est ce qui m'a le plus touchée dans le drama. Sugar est peut-être une fille de mauvaise vie, elle n'en est pas moins un ange, comme le perçoit d'ailleurs immédiatement Agnès, la femme de William.

    La narration est quant à elle très bien orchestrée, s'articulant autour de la relation à la fois passionnée et fluctuante de William et de Sugar, et est servie par un très beau casting. Amanda Hale offre une Agnès tour à tour pathétique, irritante et émouvante; Gillian Anderson est une mère maquerelle sinistre et convaincante, ce qui est d'autant plus appréciable que cette chère  Scully se voit en général attribuer des rôles assez lisses...

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    Si si, c'est bien Gigi

     ...Et bien sûr Romola Garai qui est juste sublime.

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    "Sugar never disappoints"

    Ajoute à cela une musique envoûtante composée par Cristobal Tapia de Veer que tu peux retrouver ici  (j'ai un faible pour "Sugar" et "Lonely Escape B") et on obtient un téléfilm addictif, plein de noirceur et de sensualité.

    Seul regret? Comme nombre de dramas anglais, il est inédit chez nous et donc visionnable en version originale anglaise uniquement... En espérant qu'Arte, après la diffusion de leur thema consacré à Jane Austen cet été, ait envie de démocratiser quelques-uns des excellents period dramas que savent réaliser nos voisins anglais!

    Suite à ce vœu pieux, je te souhaite une bonne soirée et te dis à bientôt ami lecteur! 

  • "Waterloo Necropolis" de Mary Hooper

    Éditeur: Les Grandes Personnes

    Date de parution: 1er Septembre 2011

    Nombre de pages: 320

     

    RésuméLondres, 1861. Grace Parkes, presque 16 ans, vient d'accoucher d'un enfant mort-né. Afin de lui donner une sépulture décente, la jeune fille embarque à bord de l 'express funéraire Necropolis, en direction du cimetière de Brockwood.

     

    Elle fera là-bas une rencontre décisive en la personne de Mr et Mrs Unwin, propriétaires d'une des plus grandes entreprises de pompes funèbres de la capitale, qui lui proposent de l'employer comme pleureuse d'enterrement. D'abord réticente, Grace se verra bientôt contrainte d'accepter leur offre, après qu'elle et sa sœur Rose, qui survivent à peine en vendant du cresson, soient expulsées de leur pension...

     

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    "Waterloo Necropolis" narre les mésaventures de deux jeunes orphelines de bonne famille qui luttent pour leur survie, ayant pour seule attache et seule force l'amour qui les lie. On vit l'histoire à travers le récit de Grace, la sœur intelligente et courageuse qui prend soin de son aînée simple d'esprit, Lily. Ces deux jeunes filles font face à des personnages peu recommandables déterminés à leur nuire de toutes les manières possibles. Des êtres purs face à des diables d'hommes dans l'Angleterre du 19e siècle: la parenté avec Dickens est évidente, l'auteur lui rend d'ailleurs hommage de manière subtile au fil des pages.

     

    L'intrigue, si elle est très bien menée, reste assez prévisible et c'est surtout pour son ambiance que j'ai aimé le livre. Le travail de documentation de Mary Hooper est remarquable: l'épidémie de choléra, le décès du Prince Albert, la fascination pour la mort et les rites funéraires, l'incroyable train mortuaire et le cimetière de Brookwood, la détresse des pauvres, les asiles et les entrepôts dortoirs... Tout y est dépeint avec une telle précision littéraire qu'on s'y projette sans peine.

     

    "Waterloo Necropolis" est un très bon roman jeunesse, plutôt à destination des lycéens car certains passages sont assez durs, et qui saura aussi séduire les adultes.

     

    En complément, si le sujet du train funéraire t'intéresse, voilà deux liens en anglais traitant du sujet:

     

    La page Wikipedia

    Un article de Paul Slade pour Forteantimes (The World of strange phenomena)

  • "Colette. L'éternelle apprentie" de Jean Chalon

    Catégories : Livres

    Éditeur: Pocket

    Date de parution: 1er Mars 2005

    Nombre de pages: 404

     

    RésuméÉternelle apprentie, Colette essaie, sa vie durant, de transformer ses prisons éphémères en paradis provisoires. L'art qui consiste à changer une prison en paradis, c'est celui qu'elle enseigne à travers son oeuvre où se reflète son existence. De se naissance à Saint-Sauveur-en-Puisaye en 1873, à sa mort à Paris en 1954, Colette n'a pas cessé d'apprendre. A regarder le monde sous la direction de Sido, sa mère. A écrire sous la férule, moins dure qu'on ne l'a prétendu, de son premier mari, Willy. A éviter les pièges de la politique et de la mondanité en compagnie de son deuxième époux, Henry de Jouvenel. A partager " ces plaisirs que l'on nomme, à la légère, physiques " avec son troisième compagnon, Maurice Goudeket. Avec ce dernier, elle connaît une intense passion, comme j'ai pu le découvrir en ayant eu accès aux lettres qu'ils échangeaient alors. Car l'auteur de Chéri et de Gigi qui passe pour une femme libre est asservie, et contente de l'être, à l'amour et à la beauté qui peut prendre des formes humaines, animales ou végétales. Cette parfaite épicurienne sait en jouir comme personne et, quand vient le temps de souffrir, elle se change en une stoïcienne exemplaire, apprenant à supporter l'insupportable souffrance. Et c'est ainsi que l'éternelle apprentie devient un maître ! 

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    Je lis rarement les biographies et j'en posède peu. Dans ma bibliothèque, je crois en avoir trois en tout et pour tout: celle de Franck Sinatra ("Un rêve américain" de Denis Lépée), celle du Che par Pierre Kalfon (j'ai eu ma petite période révolutionnaire au collège), et celle d'Alexandra David-Néel offerte par ma maman, sans laquelle je ne me serais peut-être jamais intéressée à cette femme d'exception.

     

    En parlant de femme d'exception, Colette est elle aussi un personnage fascinant. Et je dois également à mes parents ma rencontre avec elle, ayant lu vers mes douze ans ses "Dialogues de bêtes" sur leurs conseils avisés.

     

    Si j'ai voulu en savoir plus sur Colette, c'est évidement parce que j'aimais ses livres, aussi car sa réputation de scandaleuse m'intriguait, et enfin parce que je sentais entre les lignes de nombreuses affinités, ne serait-ce que l'amour des animaux en général et des chats en particulier et le goût des balades au petit jour.

     

    Au fil des pages de sa vie contée avec brio par Jean Chalon, on sent bien que Gabrielle Colette a mené son existence selon ses envies (amoureuses, littéraires, géographiques même) tout en étant gouvernée par la crainte de finir sa vie sans le sou et seule. L'auteur nous apparaît comme une femme incroyablement moderne, brillante, drôle, chaleureuse, amante dévouée, fille prodigue, mère maladroite, bourreau de travail... Attachante, irrémédiablement.

     

    En sentant le nombre de pages s'amoindrir sous mes doigts, je ressentais de la tristesse sachant que la séparation était proche. L'héroïne allait mourir une deuxième fois sous mes yeux. Car si Colette a écrit des romans qui ont marqué son époque et la littérature française, au point de se voir offrir des funérailles nationales, sa vie pourrait encore donner matière à de nombreux livres et adaptations télé/cinématographiques tant elle a été riche. Je manque peut-être d'objectivité vu l'affection que je porte au personnage, mais je ne peux que recommander la lecture de ce livre pour découvrir, ou redécouvrir, une de nos plus grandes dames de lettres.