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Glorifine Loquace - Page 7

  • Les Hauts de Hurlevent

    Bonjour ami lecteur!

    Chose promise, chose due, je profite d'être coincée à la maison par la neige pour te parler des "Hauts de Hurlevent" d'Emily Brontë et de son adaptation télévisuelle de 2009. 

    Avant toute chose, voici un petit résumé de l'oeuvre:

    Les Hauts de Hurlevent sont des terres situées au sommet d’une colline et balayées par les vents du nord. La famille Earnshaw y vivait, heureuse, jusqu’à ce qu’en 1771, M. Earnshaw adopte un jeune bohémien de 6 ans, Heathcliff. Ce dernier va attirer le malheur sur cette famille. Dès le début, Hindley, le fils de Earnshaw éprouve une profonde haine pour cet intrus. A la mort de son vieux bienfaiteur, Heathcliff doit subir la rancœur de Hindley, devenu maître du domaine.

     

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    J'ai lu "Les Hauts de Hurlevent" pour la première fois au collège. A l'époque, ça ne m'avait ni follement plu ni totalement déplu. Je l'avais lu rapidement et avec intérêt, mais j'en gardais le souvenir d'un mélodrame assez poussif.

    Cependant, j'ai eu envie de le revoir après avoir découvert l'adaptation TV mentionnée ci-dessus. 

    Les rares fois où il m'arrive de relire une oeuvre découverte à l'adolescence, je suis la plupart du temps un peu déçue. Je trouve au livre moins d'éclat que ce qu'il avait dans mon souvenir. Il y a pourtant des exceptions: "Jane Eyre" par la soeur d'Emily ici présente ou "Le parfum" de Patrick Süskind restent toujours des retrouvailles enchantées.

    Pour en revenir aux "Hauts de Hurlevent", j'ai retrouvé mes sentiments initiaux: je ne sais pas vraiment si j'aime ce livre ou non.

    Certes, le portrait de ce trio infernal, composé de Catherine, d'Heathcliff et d'Edgar, est torturé à souhait et donc marquant dans son caractère excessif. C'est en partie ce qui fait du roman un des grands classiques de la littérature romantique anglaise.

    Cela étant, et ça n'engage que moi, j'ai toujours cette impression de lourdeur, non pas dans l'écriture, mais dans la trame elle-même. Ces sentiments de haine viscérale qui planent sur la lande m'invitent régulièrement à me demander: "Mais pourquoi?!? Pourquoi s'infliger des trucs pareils? Les personnages seraient-ils profondément masochistes?". On comprend bien que dans une campagne reculée de l'Angleterre du XVIIIe, on était amené à côtoyer les mêmes personnes toute sa vie et toujours dans le même cadre. Ce fait, déjà potentiellement oppressant, était renforcé par le poids des convenances sociales, véritable chape de plomb. Ce huis clos explique un déchaînement des passions qui paraîtrait très improbable à notre époque.

    Ce qui m'amène à l'adaptation télévisuelle de 2009 du roman, qui a su lui donner un petit coup de frais.

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    Alors c'est vrai, l'adaptation n'est pas fidèle en tous points au livre, mais c'est tant mieux (mes excuses auprès des inconditionnels de l'oeuvre qui vont me taxer d'hérésie). Le téléfilm offre une version allégée de l'histoire, plus digeste et plus crédible pour nous, spectateurs contemporains. Ici, on est témoin direct de l'histoire, alors qu'elle est contée dans le livre par la servante Nelly, qui n'a pas un point de vue neutre. Cela change considérablement la donne puisque Catherine nous apparaît plus comme une femme sacrifiée que comme une enfant capricieuse, Edgar est nettement moins mou, et on assiste à toutes les injustices faites à Heathcliff, qui conditionneront l'homme exécrable qu'il deviendra.

    D'autre part, Catherine et Heathcliff ne se voilent pas la face, ils savent qu'ils sont fous amoureux l'un de l'autre et ne manquent pas d'être très démonstratifs quand ils sont seuls. Catherine apprécie Edgar mais elle l'épouse surtout pour "sauver" Heathcliff des griffes de son frère. Dans le roman par contre, Catherine considère Heathcliff comme son alter ego mais n'envisage pas une seconde de s'unir à lui.

    Ces différences ne me choquent donc pas et font que j'apprécie bien plus le téléfilm que le livre. Par ailleurs, l'histoire est servie par des décors sublimes et d'excellents acteurs. Pour être tout à fait honnête, le téléfilm est en grande partie porté par Tom Hardy qui est exceptionnel dans le rôle.

    En apparté, je me disais en moi-même que si une nouvelle adaptation de la vie d'Oscar Wilde voyait le jour, on pouvait penser à Tom Hardy pour succéder au formidable Stephen Fry dans le rôle du divin dandy. Je trouve une certaine ressemblance, n'hésite pas à me dire ce que tu en penses ami lecteur...

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      Sérieusement, y a un truc, non?

     

     

     

     

     

    La bande son est elle aussi fort sympathique, quoique très brève:


     

    Pour conclure, je te dirais que "Les Hauts de Hurlevent" est un classique à découvrir, s'il est un peu extrême, il est aussi unique en son genre. Je ne peux que te conseiller de voir le téléfilm que j'ai, tu l'auras compris, beaucoup aimé. Cette revisite des Hauts m'a personnellement hantée pendant plusieurs jours. Je n'ai pas encore vu le film sorti en décembre dernier, si par contre toi oui, ton avis m'intéresse!

    Je te quitte pour aujourd'hui ami lecteur, toujours sur le même thème, mais interprété cette fois par Kate Bush!


     

    Bon weekend avec un peu d'avance!

  • Un fils tombé du ciel

    Catégories : Films

    Bonjour ami lecteur!

    J'emprunte le titre du livre de Lao She pour te parler du dernier James Bond en date: Skyfall. Pourquoi? Parce que cet opus met en avant ce qui était déjà suggéré dans "Casino Royale" et "Quantum of Solace": la complexité de la relation mère-fils qu'entretiennent Bond et M.

    Alors jusqu'ici, Bond a perdu des amis, des maîtresses et même sa femme. Il a été trahi, torturé, et a même failli passer l'arme à gauche un nombre non négligeable de fois sans que ça laisse plus de traces que ça à l'épisode suivant (exception faite de "Quantum of Solace" qui, à mon sens, est plus une suite qu'un nouveau chapitre). Du coup, on en viendrait à se demander si James ne tiendrait pas plus de Terminator que de Casanova. L'espion de la Couronne peut-il être durablement impacté par le chagrin? Ne lui arrive-t'il jamais de douter de sa mission? A-t'il même un entourage en dehors de son métier? En clair, est-il autre chose qu'un redoutable exécutant ne dédaignant pas certains plaisirs de la vie (voitures, femmes, bibine pour ceux qui ne suivraient pas. Pas nécessairement dans cet ordre d'ailleurs)?

    Sam Mendes réussit à poser toutes ces questions dans "Skyfall" sans tomber dans la psychologie de comptoir et sans renier l'action, ce qui reste l'intérêt premier d'un James Bond. Ici tout est suggéré, l'histoire personnelle de 007 se mêle ingénieusement à la nouvelle mission de l'agent. Car ce nouveau job, même s'il ne le sait pas tout de suite, est de protéger M. M, sa patronne, celle qu'il connaît depuis ses débuts, celle qui a suivi sa carrière, et celle qui fait parfois des choix peu orthodoxes le concernant, une relation subjective -pour ne pas dire affective- même si les intéressés s'en défendent avec virulence. On pense notamment au test d'association que passe Bond: "M comme?", "Morue" répond le sale gosse avec un demi-sourire devant le regard consterné de sa chef derrière la vitre sans tain.

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    "Ça n'est pas tout à fait l'idée que je me faisais de la balade familiale. Y a un pub dans votre patelin James?" 

    Je ne veux pas trop en dire si tu n'as pas encore vu le film ami lecteur, mais on peut dire que dans Skyfall, M est aussi importante que Bond. C'est vraiment le chapitre de Judi Dench qui, entre nous, le méritait bien. Même si on devine très vite la fin du film, rapport à un certain acteur intégrant le casting, le pari de Sam Mendes de présenter un James Bond plus humain, et donc faillible, est très réussi.

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    "Sérieusement, vous croyez vraiment que je suis là pour faire de la figuration?"

    Humain d'accord, mais toujours recrue d'élite! Ici, Bond affronte Raoul Silva, cyber-criminel de génie,  qui connaît étonnament bien M et le fonctionnement du MI6. Le méchant est campé par un Javier Bardem au sommet de sa forme, à la fois effrayant et drôle, aussi froid dans l'exécution de ses plans que torturé dans l'âme. La confrontation entre Bond et Silva donne lieu à plusieurs scènes spectaculaires, dont celle très impressionnante du métro.

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    "Dis-moi où est M et je promets de te donner l'adresse de mon coiffeur"

    On notera l'incroyable transformation du sieur Bardem pour l'occasion. Non content d'être un acteur époustouflant, l'homme n'a clairement pas peur de casser son image de bel hidalgo, ce qui mérite d'être félicité.

    D'ailleurs si on devait choisir son camp entre Craig et Bardem, je rejoindrais la Team Javier personnellement. Ce qui me fait penser au passage que depuis l'arrivée au poste de Daniel Craig, la franchise Bond a su mettre à l'honneur la version masculine de ce que Nanarland appelle le "plan nichons". On a droit à un étalage de la plastique très regardable du nouveau Bond. Note, ça n'est pas moi qui m'en plaindrait...

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    "P****n, ça se danse comment la Macarena déjà?" 

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    "Je trempe juste mes pieds, je ne voudrais pas mouiller ma montre"

    Pendant la séance, je susurre ces considérations à l'oreille d'Angélas, qui me répond "Genre, ça te dérange peut-être?" (Non, je l'ai déjà dit plus haut) et "Vous (aka les femmes) n'allez pas vous plaindre, niveau plaisir des yeux, y'en a désormais plus pour vous que pour nous dans les James Bond". C'est pourtant vrai, Angélas marque un point. Si les Bond Girls sont toujours présentes et ravissantes, elles ont un temps de présence réduit et exit les bikinis!

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    Un peu de parité visuelle pour vous messieurs avec la belle Bérénice Marlohe

    Enfin, le casting complémentaire n'est pas en reste avec Ben Wishaw (vu dans "Bright Star", un film que j'ai trouvé très mauvais en dépit des critiques élogieuses, mais où au moins lui jouait bien) dans le rôle de Q new generation, et Ralph Fiennes donc, dans un rôle de bureaucrate plus complexe qu'il n'y parait.

    D'ailleurs on a un petit point de discorde avec Angélas. Je pense que Ralph Fiennes aurait pu faire, plus jeune, un James Bond intéressant. Ses talents d'acteur ne sont plus à prouver, ainsi que sa capacité à endosser des rôles diamètralement opposés, il a la distinction britannique requise et il est loin d'être laid. Angélas me dit qu'il n'est pas assez physique pour ça, ce à quoi je réponds qu'un corps se travaille (Edward Norton et Chrisitan Bale sont des témoignages probants) et pas assez charmeur. Hérésie mon bon monsieur!

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      C'est pas de la "charmitude" ça peut-être?

     

     

     

     

     

     

    Mais étant donné que Ralph Fiennes est un de mes acteurs préférés, je manque peut-être d'objectivité. Je compte sur toi ami lecteur pour me donner ton impression.

    Quoiqu'il en soit, ce dernier volet de James Bond, spécial 50 ans, est une très bonne cuvée. "James Bond reviendra" et on a déjà hâte!

    En attendant, on peut écouter le superbe générique d'Adèle...


     

    ou bien celui d'A-HA, "The living daylights", rapport au magnifique vernis du même nom sorti dans la collection OPI Skyfall sur lequel j'ai lâchement craqué...


    Bon dimanche et à bientôt ami lecteur! 

     

  • Les joies de la campagne anglaise

    Catégories : Livres

    "Le diable vit à la campagne" de Rachel Johnson

    Editions Le Livre de Poche, paru en juin 2012

    Résumé:

    Mimi et Ralph ont vendu leur maison de Colville Crescent et se sont installés avec chien et enfants dans une ferme ancienne: pierres blondes, glycines centenaires, fenêtres à meneaux. Le bonheur dans le pré? Pas vraiment. Entre la vieille gentry locale et les néoruraux, la guerre fait rage. Au-delà des haies, il y a autant de coteries et d'intrigues qu'à Notting Hill. Et autant de potins. Mimi et Rose, sa nouvelle meilleure amie, tiennent la chronique des événements à tour de rôle. Entourloupe à l'éolienne, bagatelles extraconjugales, scandale aux produits bio, rivalités des clans... On découvre que le retour à la nature est beaucoup mieux en rêve que dans la réalité. Pour cette suite du "Diable vit à Notting Hill", Rachel Johnson, en pleine possession de son humour anglais, réussit une nouvelle campagne.

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    En ce moment, j'ai des envies de campagne anglaise. Après avoir revisionné avec bonheur l'intégralité de "The Vicar of Dibley", apprécié la série de la BBC "Cranford", et avoir résisté à l'achat compulsif de l'intégrale de "Midsomer Murders" (aka Barnaby, the one and only), je me suis enfin penchée sur le cas du "Diable vit à la campagne".

    J'ai acheté ce livre lors d'une correspondance en gare SNCF, guidée par la terreur de ne plus rien avoir à lire pendant le reste de mon trajet. C'était en septembre et j'avais dans mon sac amplement de quoi lire pendant deux ou trois autres voyages, j'ai des phobies irrépressibles comme ça. Et donc, entre les S.A.S., les derniers nés de la collection Arlequin, et le Guillaume Musso nouveau, le livre de Rachel Johnson brillait tel un Graal littéraire.

    Il faut savoir que ce livre est la suite de "Le diable vit à Notting Hill", mais qu'on peut très bien se passer du premier pour comprendre le second.

    Le livre n'est pas sans rappeler un certain "Tamara Drewe" de Posy Simmonds dont j'avais parlé ici (Le vice impuni est en friche, je réfléchis à son avenir). Mimi est la caricature de la journaliste citadine qui fait son retour à la terre, dans un joli village qui n'a de tranquille que l'apparence. Mais la ressemblance s'arrête là car Mimi n'est pas une croqueuse d'homme en mal de reconnaissance littéraire comme Tamara, sa carrière est derrière elle, elle se consacre désormais à son mari et à ses enfants, ce qui suffit à la déborder totalement...

    La narration se fait à deux voix, on suit l'avancée de l'histoire successivement à travers les récits de Mimi et de son amie Rose. Le procédé est utile ici car Rose connaît bien les habitants de Godminster (où elle vit depuis dix ans, mais où elle reste évidemment une étrangère) et peu les anciennes relations de Notting Hill de Mimi; leurs ressentis sont donc parfois très différents et  permettent de se faire une idée "en deux dimensions" des personnages du roman.

    J'ai été quelque peu rebutée par les cinquante premières pages, principalement à cause de l'accumulation des descriptions uniquement par marques de luxe. Une telle porte un gilet Barbour, une autre une veste YSL, et machine une robe de la dernière collection Gucci... Comme je suis aussi réceptive aux enseignes luxueuses qu'un texan à un plat de lentilles au tofu (vive les préjugés, je sais), ça me passait complétement au-dessus de la tête et j'ai bien cru abandonner ma lecture. 

    Je me suis finalement accrochée car le récit de cette vie à la campagne et la sympathie de certains de ses habitants (mention spéciale à Richard Cobb) nous font passer un agréable moment.

    Pour en revenir à mon introduction, nous ne sommes en aucun cas en présence d'un Graal littéraire, le propos reste un peu vain et les descriptions snobs perdurent tout au long du livre. Cependant, Rachel Johnson réussit à dépeindre avec humour ce qui fait le sel de la vie des villages, qu'ils soient anglais ou pas d'ailleurs.

    Alors oui, tout le monde se connait, les cancans vont bon train, tu es plus ou moins obligé de te prêter à certaines activités si tu souhaites être un minimum intégré (ici l'équitation et la chasse), aller à la messe tous les dimanches est une évidence, et le divorce est vu d'un très mauvais oeil.

    Mais, et ça rachète tout à mon sens, la solidarité n'est pas un vain mot. De l'organisation d'une fête à un soutien sans faille en cas de grande détresse émotionnelle, tu peux compter sur tes voisins. Dans une société occidentale qui prône l'individualisme à tout crin, ce "Diable habite à la campagne" a donc quelque chose de rafraichissant.

    Pour conclure, sans rien avoir de génial, ce livre reste un divertissement sympathique. En revanche, si  le thème te séduit et que tu comprends bien l'anglais, je ne peux que t'inviter à découvrir "The Vicar of Dibley", série savoureuse malheureusement inédite chez nous.