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Glorifine Loquace - Page 8

  • "Blanche ou la triple contrainte de l'Enfer" d'Hervé Jubert

    Je sais ami lecteur, c'est terrible, mais on savait que ça allait arriver un jour: le challenge Halloween se termine. 

    Mais avant de remballer nos maléfices, il nous reste encore cette étape franchouillarde!

    J'ai fini mes lectures d'Halloween avec "Blanche ou la triple contrainte de l'Enfer" d'Hervé Jubert.

    Résumé:

    Paris, 1870. L'armée prussienne encercle la ville. Les Parisiens sont prisonniers et l'hiver s'annonce terrible. Blanche, 17 ans, est prise au piège comme les autres. Heureusement, son oncle Gaston, commissaire à la Sûreté, est là pour la protéger. Mais une enquête difficile le préoccupe... Un cadavre est retrouvé dans les jardins du Palais-Royal, un tatouage occulte sur le bras gauche. Blanche, passionnée par les méthodes d'investigation, se met en tête d'aider Gaston, et sa route croise bientôt celle d'un deuxième mort, tatoué lui aussi. Dans une ville guettée par la famine, la jeune fille plonge au coeur d'une terrible vengeance, aux frontières de la magie noire.

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    J'ai été très agréablement surprise par "Blanche ou la triple contrainte de l'Enfer". J'avais lu que c'était un bon roman jeunesse, et je me suis retrouvée scotchée à un très bon roman d'enquête tout court.

    Première surprise: le style. Hervé Jubert possède une fort jolie plume, il a su à la fois adapter son style à celui des écrivains contemporains de l'époque de son roman (la fin du XIXe siècle), tout en gardant un verbe vivant et empreint d'humour.

    Deuxième surprise: la recherche documentaire exemplaire menée par l'auteur. J'ai particulièrement aimé cet aspect, d'autant que j'ai un faible pour cette période historique. Du siège de Paris par les Prussiens au fonctionnement de la police, en passant par la culture de l'époque: tout est vraisemblable et très détaillé. En bonus, Sarah Bernhardt joue un rôle non négligeable dans le roman. Cette femme me fascine et j'avais déjà été ravie de la trouver dans "Oscar Wilde et le cadavre souriant" de Gyles Brandreth.

    L'enquête en elle-même ne manque pas non plus d'originalité, on suit les avancées parallèles de Blanche et de son oncle, reconstituant ainsi les pièces du puzzle plus vite que les protagonistes, sans pour autant arriver à la bonne conclusion avant eux.

    Si vraiment je devais reprocher quelque chose à ce livre, je dirais que j'ai eu du mal à apprécier les descriptions de la gastronomie en temps de siège. A savoir comment accommoder chiens, chats, rats, avant de s'attaquer aux animaux du zoo. L'anecdote a beau être véridique (tu peux aller voir , c'est immonde), elle n'en donne pas moins le haut-le-coeur à la végétarienne que je suis.

    En conclusion, Blanche Paichain est un croisement réussi entre Sherlock Holmes et Indiana Jones, version parisienne en bottines, et je lirais avec plaisir les deux tomes suivants.

    Pour en savoir plus, Blanche a un site dédié, c'est par ici!

  • Challenge Halloween: le film de cannibale japonais

    Catégories : Films

    THE LAST SUPPER

    Film japonais d'Osamu Fukutani sorti en 2005

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    Synopsis:

    Yuji Kotorida est passé en quelques semaines de médecin binoclard mal dans sa peau à chirurgien esthétique vedette et beau gosse, à tel point qu'on le surnomme désormais "La main de Dieu".

    Son secret? Il mange les femmes. 


     

    Mon avis:

    Avant de tailler dans le bifteck, il faut que je t'explique une de mes manies de petite vieille. J'aime bien regarder des films en faisant mon repassage, sans quoi je m'ennuie un peu (je suis une femme, un être incroyable qui sait faire deux choses à la fois!). Et donc quand je visionne un film en vue d'en faire un billet, je note mes impressions (après repassage, sans quoi la manoeuvre peut se réveler dangereuse) sur un brouillon de billet et je rédige plus tard. Je te raconte cette anecdote follement palpitante pour te dire qu'en réouvrant ce billet aujourd'hui, mes yeux se sont posés sur un énorme "WAOUH!!!" en haut du document. Et ça, c'est pas bon du tout...

    Bref. Si tu me connais un peu, tu sais que mon eye candy personnel (désolée pour le franglais, mais je trouve que friandise occulaire sonne mal) est Masaya Kato. Donc, quand je cherchais un bon film d'horreur asiatique et que j'ai vu "The last supper" dans ce classement, je me suis dit "Oui, double bonheur!". Ben non en fait, on m'aurait menti et j'aurais été plus avisée de revisionner "Thirst" que j'ai adoré (très trash, âmes sensibles s'abstenir) pour t'en parler. Tiens d'ailleurs, Thirst est 22e et The last supper 67e -> WTF?!? Autant mettre "Le patient anglais" (♥) et "Taxi 4" dans un même classement!

    Re-bref, il va quand même falloir que je te parle de ce navet intersidéral qui, sous certains aspects, présente un potentiel comique non négligeable.

    D'abord, ce qui est très énervant avec "The last supper", c'est que ça aurait pu être bien. Le thème de l'anthropophagie restant un des grands tabous de notre société, si celui-ci est mâtiné d'une sensualité perverse, et partant du principe que le cannibalisme est l'ultime preuve d'amour selon ce cher Edgar, on peut théoriquement obtenir quelque chose d'intéressant. Cette idée de mêler gastronomie et sexualité aurait pu aboutir à un film d'horreur exceptionnel (et très dérangeant), mais elle est abordée beaucoup trop superficiellement, les personnages en parlent comme d'un besoin physiologique et d'une extase totale des sens pendant environ... disons vingt bonnes secondes.

    A quoi Osamu Fukutani a donc bien pu occuper les 91 minutes restantes? 

    Tu me pardonneras ami lecteur, mais je vais t'énumérer brièvement mes griefs, les exposer trop longuement aurait à coup sûr raison de mon envie de faire d'autres billets ciné pour les dix années à venir (minimum).

    On trouve donc pêle-mêle dans "The last supper":

    - Une déco d'appart aux couleurs de boîte de nuit ambiance années 80 (vert lagon, bleu jean et rose flamand rose) assortie à des bruits aquatiques non identifiés

    - Des seconds rôles insipides voire ridicules (avec une version improbable de Columbo à la japonaise) 

    - un médecin avec chemise ouverte et chaîne en or qui brille, qui opère sans charlotte, et qui fait parfois des demandes en mariage assis dans les escaliers (avec des mocassins blancs: gasp!)

    masaya kato,osamu fukutani,cannibalisme,horreur,film japonais

    Une rhinoplastie? Mais non Glo, tu es parfaite telle que tu es!

    (Oh ça va, on peut rire un peu!)

     - Un côté grand guignol, assumé ou pas, en particulier lors du tête à tête-sur-salade et de la fin. Mon dieu, cette fin!

    - Un petit manuel du cannibale très concis, à part l'importance de saigner la viande, et que manger de la cellulite est un premier pas important, tu n'apprendras pas grand chose (Ca doit lui parler le cannibalisme à Kato-san, il en était déjà question dans Aragami)

    - Le peu de crédibilité de la transformation de looser en sexy doctor. Masaya, même avec une vieille coupe de cheveux, des lunettes de prof de maths et une cravate trop serrée, il reste hautement envisageable. Tout le monde n'a pas la capacité de métamorphose d'Iwan Rheon (Simon dans Misfits, qui a quitté la série pour intégrer le casting de... Game of Thrones. La classe, fin des news people).

    Mais, car il y a un mais (Gloria Alleluia!), il y a quand même deux ou trois moments de grâce dans le film!

    - Quand Masaya Kato prend sa grosse voix de yakuza lors d'une interview façon "Modes & Travaux" pour interdire au journaliste d'ouvrir son frigo. C'est drôle et ça renvoie à de meilleurs films de l'acteur (Aniki en particulier).

    - La pseudo-scène sensuelle du début où quand l'homme te dit "J'ai envie de te manger", ne t'imagine pas une version hot du petit chaperon rouge, il le pense littéralement. 

    - LA fulgurance du film: quand le docteur Kotorida cherche les corps de suicidés pour son menu de la semaine tout en se baladant en jogging avec son burger de bonnefemme à la main. C'est une scène surréaliste et hilarante, comme les japonais savent les faire.

    Pour conclure, je te dirais donc que "The last supper" est un film d'une nullité achevée, qui paraît très long en dépit de sa durée d'une heure trente, et que sa fin tient à la fois du grand n'importe quoi et du gros soulagement. Cependant, va savoir pourquoi, elle m'a rappelé un livre qui lui est très bon et que je te conseille: "Les ogres anonymes" de Pascal Bruckner.

    Mais si vraiment tu veux faire du mal à tes yeux et à ton cerveau, tu peux le regarder  en vosta. Bon courage.

  • Challenge Halloween: "L'heure du loup" de Robert McCammon

    Résumé:

    Michael Gallatin est un as de l'espionnage, un séducteur, mais surtout un loup-garou. Capable de se transformer à la vitesse de l'éclair, de tuer silencieusement et avec une incroyable férocité, il a déjà donné un aperçu de ses talents en Afrique contre Rommel. Il doit maintenant s'acquitter de la plus dangereuse et de la plus délicate des missions : découvrir qui se cache derrière l'opération « Poing d Acier », le mieux gardé des plans secrets nazis. En renouvelant la figure du loup-garou, Robert McCammon crée un héros fascinant dans une intrigue captivante.

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    Les nazis qui rencontrent le surnaturel, on a déjà vu ça, notamment dans Hellboy, ou plus récemment dans Iron Sky (rappelle-moi de t'en parler de celui-là, il vaut son pesant de cacahuètes!). Dans "L'heure du loup", les nazis ont maille à partir avec un loup-garou-agent-secret. Je sais, ça fait beaucoup pour un seul homme.

    Mais Michael Gallatin est un James Bond un peu cabot (pardon...) et sait se sortir de n'importe quelle situation, aussi indépétrable soit-elle. De plus, comme le James Bond précité, Michael tombe toutes les jolies demoiselles qu'il rencontre. Bref, il est une incarnation du héros flamboyant qui va sauver le monde.

    Pourtant, le pauvre n'a pas eu la vie facile. Encore enfant, et à l'époque connu sous le nom de Mikhaïl Gallatinov, il a vu sa famille se faire massacrer par des révolutionnaires russes, avant d'être attaqué en forêt par une meute de loups affamés. Il passera les quatorze années suivantes dans l'épaisse forêt russe à mener sa vie d'homme-loup, avant de débarquer en Angleterre et de se faire enrôler pour servir sa Majesté.

    Tu penses certainement à ce stade, ami lecteur, que ce livre s'aventure un peu dans tous les sens. Détrompe-toi, Robert McCammon a su avec brio retracer l'existence de Michael, en alternant la narration de son passé et de sa mission présente, le premier éclairant la seconde.

    Car la grande question de ce roman est de savoir qui, des hommes ou des bêtes, sont les véritables animaux. L'auteur argue plusieurs fois au cours du roman que le loup tue uniquement pour se nourrir, donc par nécessité, mais jamais par cruauté; contrairement à l'homme en général et aux nazis en particulier.

    D'ailleurs, le récit de la mission pour faire échouer les plans desdits nazis est passionnant, bien qu'il comporte certains passages qui donneraient presque la nausée, je pense en particulier au camp de concentration avec son "Chenil" et la mort de Krolle.

    En conclusion, "L'heure du loup" est un roman fantastique au contexte historique dont on dévore les sept cents pages très facilement, je le recommande aux amateurs du genre!